Inédits - Erotisme

Erotisme et littérature - Pascale de Trazegnies

La plupart du temps, quand ils arrivent à la description érotique, les auteurs disent déployer un surcroît de vigilance, une surveillance de la pureté de leur style, en bref, ils se concentrent. Étonnant, non ?

En réalité ces moments devraient être les plus doux, les plus fluides, puisque à les corps se relâchent, l’esprit fuit, les sensations priment sur la matière.

Les quelques auteurs que je connaisse, qui ont intégré la sexualité dans leur récit de manière juste, de façon à ce que ça fasse mouche, que ça emporte le lecteur, sont Bataille et surtout Henry Miller à qui plusieurs générations doivent d’avoir découvert les étincelles du désir sexuel.

Erotisme - Henry Miller - Le Monde du sexe

Mais on pourrait aussi citer Casanova dont le style coule comme un ruisseau intarissable ou Bukowski et sa poésie du réel ou Quignard le pudique qui nous décile les yeux, ou des femmes magnifiques comme Alina Reyes ou Virginie Despentes.

Ainsi, dans le même ordre d’idées, je méprise aimablement la « littérature érotique », qui représente un « genre » au même titre que le roman policier, et qui est vouée exclusivement à créer l’excitation sexuelle, l’érection, un but assez médical et triste en somme, tout comme le polar est censé généré de délicieux frissons de peur.


L’érotimse ne s’enlève pas comme on enlève un pull !